La tenue et la conservation de vos dossiers patients ne sont pas de simples formalités administratives. Elles constituent une obligation fondamentale de votre exercice libéral, garantissant la qualité des soins, la protection des droits de vos patients et votre propre sécurité juridique.En tant que médecin libéral, vous êtes personnellement responsable de la constitution, de la sécurité et du devenir de ces dossiers. Voici l’essentiel des règles à connaître pour sécuriser votre pratique.

Contrairement aux établissements de santé, le contenu du dossier en libéral n’est pas strictement figé par la loi, mais doit rester pertinent.

  • Données obligatoires : Identification, antécédents, diagnostics, traitements prescrits et résultats d’examens.
  • Notes personnelles : Vos réflexions intermédiaires et notes manuscrites peuvent être conservées dans le dossier, mais elles sont non transmissibles au patient ou aux tiers.

Outils tiers : Attention, vos logiciels de prise de rendez-vous ou de facturation (et même le DMP) ne remplacent pas votre obligation de tenir un dossier professionnel propre au cabinet

La seule qualité de médecin ne donne pas un droit d’accès universel. L’accès est conditionné par la participation effective à la prise en charge.

  • Au sein d’une équipe de soins : Le partage est possible sans consentement exprès, mais limité aux informations strictement nécessaires.
  • Hors équipe de soins : Le consentement préalable du patient est obligatoire et doit être tracé par écrit.

Interdictions formelles : Consulter le dossier d’un proche, d’un collègue ou accéder à des données par simple curiosité vous expose à des sanctions disciplinaires, civiles et pénales.

Type de patientDurée de conservation recommandée
Généralité20 ans à compter de la dernière consultation
MineursJusqu’au 28ème anniversaire
Patient décédé 10 ans après le décès
En cas litige Le délai est suspendu jusqu’à la résolution du conflit

Que votre dossier soit papier ou numérique, sa sécurité est votre priorité :

  • Papier : Armoires fermées à clé, accès restreint et locaux sécurisés.
  • Numérique : Recours obligatoire à un Hébergeur de Données de Santé (HDS) certifié, chiffrement et authentification forte.

Sous-traitance : Tout prestataire (maintenance informatique, archivage) doit obligatoirement signer un contrat de sous-traitance conforme au RGPD.

  • Cessation d’activité : Vous devez organiser la conservation des dossiers et informer vos patients ainsi que le Conseil de l’Ordre. La transmission à un successeur n’est jamais automatique : le patient conserve son libre choix.
  • Destruction : Elle doit être sécurisée (broyage pour le papier, effacement définitif pour le numérique) et tracée. Une destruction prématurée est une faute déontologique.

Ce récapitulatif est issu du guide réalisé par Maître Maxence Cormier, avocat spécialisé en droit de la santé, pour la Conférence Nationale des URPS Médecins Libéraux (CN URPS ML), afin de vous accompagner dans l’organisation de votre cabinet

Pour toute question spécifique, n’hésitez pas à solliciter le Conseil Départemental de l’Ordre ou votre conseil juridique habituel.