Les sargasses

La présence d’algues brunes sur les plages pose deux problèmes : un problème environnemental et un problème sanitaire lié au dégagement de gaz toxiques lors de leur décomposition anaérobie (hydrogène sulfuré, ammoniac, mercaptans, diméthyle sulfure, formaldéhyde). Tous ces gaz ont une toxicité propre mais le sulfure d’hydrogène est le plus préoccupant. Les intoxications peuvent être aigües quand l’exposition est inférieure à 14 jours ou chronique quand cette exposition est de longue durée.

 

INFORMATIONS ET MESSAGES AUX PROFESSIONNELS DE SANTÉ

SARGASSES : QUESTIONS / RÉPONSES

TOUT SUR LES SARGASSES – SITE ARS MARTINIQUE

MESURE DU RÉSEAU « SARGASSES » – COMMUNIQUÉS MADININAIR

POINT JOURNALIER SUR LES MESURES D’HYDROGÈNE SULFURÉ – SITE ARS MARTINIQUE

Avis du Haut Conseil de la santé publique Relatif à la gestion du risque sanitaire lié aux émissions toxiques provenant d’algues échouées sur les côtes de la Martinique et La Guadeloupe

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Haut Conseil de la santé publique AVIS Relatif à la gestion du risque sanitaire lié aux émissions toxiques provenant d’algues brunes échouées sur les côtes de la Martinique en provenance de la mer des Sargasses

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BULLETIN DE VIEILLE SANITAIRE – N°4 / MAI-JUIN 2013

BULLETIN DE VIEILLE SANITAIRE – N°3 / MARS 2012 : AIR ET SANTÉ : QUELQUES ASPECTS DE LA PROBLÉMATIQUE EN MARTINIQUE

Messages

MESSAGE DE L’ARS DU 26 AVRIL 2018 AUX PROFESSIONNELS DE SANTÉ – CONCENTRATION EN HYDROGÈNE SULFURÉ

Liens utiles

MADININAIR

PRÉFECTURE MARTINIQUE – RUBRIQUE « SARGASSES »

IMPACTS SANITAIRES DES ALGUES SARGASSES

La toxicité aigüe et chronique de l’hydrogène sulfurée est connue. Le niveau de toxicité est fonction de la dose respirée et de la durée d’exposition. Des effets nocifs importants peuvent survenir à de faibles concentrations sur les principales cibles que sont les yeux, l’appareil respiratoire, le système nerveux et l’odorat. À faibles concentrations, le premier effet nocif observé, est le déclenchement de crises d’asthme chez les asthmatiques. Cet effet a été observé chez l’homme pour une exposition à une concentration de seulement 2ppm pendant 30 minutes.

C’est d’abord un gaz irritant pour les muqueuses et les voies respiratoires et cela à des niveaux très bas (moins de 0.1 ppm). Au regard de cet effet pour la santé, les agences internationales  de santé ont proposé un seuil sanitaire (Valeur Toxicologique de Référence) à 0.07 ppm en exposition continue. Ce seuil sanitaire correspond au plus petit effet sur la santé observé (en anglais LOEL : Lowest Observed Effect Level). Son odeur caractéristique d’œuf pourri est perçue à des niveaux très bas, environ 0.02 à 0.03 ppm. En conséquence, à partir du moment où l’on ressent ce gaz, on dépasse la Valeur Toxicologique de Référence et on peut observer des effets sanitaires tels que des irritations oculaires ou respiratoires et des effets chez les personnes asthmatiques. A des concentrations plus élevées entre 50 et 200 ppm, les irritations des muqueuses oculaires ou respiratoires se traduisent par des photophobies, des conjonctivites, des rhinites, de l’enrouement, une toux, une douleur thoracique. Des œdèmes pulmonaires sont décrits au-delà de 250 ppm et la forme la plus grave d’évanouissement est décrite à partir de 500 ppm, avec des concentrations atteignant près de 500 ppm, une rapide perte de connaissance est suivie d’un coma parfois convulsif, accompagné de troubles respiratoires et de troubles cardiaques graves ; si l’exposition n’est pas interrompue, la mort survient généralement à bref délai.

Le meilleur des capteurs est le nez humain, car il est bien plus sensible que les capteurs portatifs (seuil à 1 ppm, lorsque l’odorat perçoit entre 0.2 et 0.3 ppm).Lors des chantiers d’enlèvement d’algues, il faut vérifier que les employés ne respirent pas plus de 5 ppm sur la durée ou 10 ppm en pointe.

La production d’hydrogène sulfuré est due à la métabolisation par les micro-organismes de composés organiques soufrés soit venant d’égouts, de station d’épuration ou de gaz naturels comme le pétrole, ou encore de sulfures minéraux.

 Les voies de pénétration sont majoritairement respiratoires et très rapides par inhalation ; l’absorption par la voie digestive est possible et l’absorption négligeable par la peau.

La métabolisation chez l’Homme, se fait en environ 15 heures, cette métabolisation est hépatique majoritairement (70-80 %) par oxydation initialement en thiosulfate (S2O32-) puis en sulfate (SO42-) tous deux éliminés dans les urines. Dans l’intestin, en présence de Thiol-S-Méthyltransférase, H2S est minoritairement méthylé en méthanethiol (CH3-SH), puis en diméthylsulfure (CH3-S-CH3), éliminés par voie pulmonaire. Une troisième voie de détoxication est liée à la capacité de réduction par H2S des ponts disulfure (-SS-) présents dans le glutathion oxydé et les protéines à pont disulfure -S-S.

TOXICITÉ CHRONIQUE

Est mal connue chez l’homme mais on évoque les altérations neuropsychiques ( fatigue dépression angoisse confusion mentale ) les irritations chroniques ( conjonctivite gorge pharyngite toux bronches asthme ) les atteintes cardiovasculaires surtout chez les sujets fragilisés ( athérome ), les atteintes reprotoxiques. Son effet anoxiant peut entrainer des fausses couches. L’hydrogène sulfuré en tant que messager cellulaire peut interagir avec l’oxyde d’azote NO et intervenir sur la mémoire et la vascularisation myocardique tout comme le CO en excès.

C’est un des gaz courants les plus toxiques d’autant plus dangereux qu’à partir de 0,01 ppm apparait une diminution de l’odorat.

QUELLE SOLUTION ?

Le ramassage des algues constitue donc une priorité, en particulier à proximité des secteurs d’habitation moyennant certaines précautions pour les personnes qui les manipulent pendant plusieurs heures. Le HCSP recommande d’éviter l’accès des plages au grand public lorsqu’un niveau de 2 ppm est mesuré. La fermeture des plages recouvertes d’algues au grand public est une mesure nécessaire. Les zones de mangroves sont également sensibles, leur accès au grand public est aussi déconseillé dès lors qu’elles sont envahies d’algues. En effet, la putréfaction des algues, à l’origine de la production du H2S, débute environ 72 heures après l’échouage.

 La destruction de l’hydrogène sulfuré produit peut être envisagée moyennant certaines précautions

En utilisant l’eau de javel ou le Permanganate de potassium. Les hypochlorites oxydent les produits soufrés en formant des dérivés hydrosolubles. Les thiolates peuvent être détruites par le permanganate de potassium.

PROTECTION DES POPULATIONS

Il faut informer la population des dangers et protéger prioritairement les asthmatiques.

J. JOS PELAGE

santé environnementale

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